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lundi 7 mai 2007

Naissance : les femmes et les bébés d'abord !

A l'occasion de la Semaine Mondiale pour l’Accouchement Respecté (SMAR) du 7 au 13 mai 2007, j'éprouve le besoin de rappeler ceci :

Un accouchement respecté est avant tout et surtout une naissance respectée. Ne vaut-il pas mieux apprendre à un être humain dès ses premières minutes de vie la douceur, l'accueil et l'amour plutôt que l'agressivité, le rejet de ses besoins et la peur ?

Pourquoi une médicalisation à outrance d'un processus naturel qui ne doit surtout pas être perturbé pour s'accomplir sans danger ? C'est un non-sens.

Chaque femme sur terre a le droit (le devoir pourrait-on même aller jusqu'à dire aujourd'hui) de choisir les conditions de son accouchement et de reprendre le pouvoir sur elle-même et pour elle-même et d'imposer ses choix de vie face à la médecine qui se dit toute-puissante. Elle ne l'est pas, ne l'a jamais été et ne le sera jamais.

Tout médecin ou spécialiste qui soit, ne peut rien sans les forces de vie du patient. Et pour un accouchement c'est d'autant plus vrai. Trop souvent l'obstétricien et même les sage-femmes interviennent trop vite, dirigent et n'écoutent pas, ont des pratiques intrusives et iatrogènes, etc, etc et donc perturbent le processus au point que la femme, perdue, ait besoin d'eux. Mais ont-ils eu l'intention première de lui laisser la chance qu'ils n'interviennent qu'en cas de besoin dans une médecine payée aux actes ?

Ne parlons même pas des femmes qui font le choix réfléchi d'un accouchement à domicile et qui sont purement et simplement méprisées par le système établi au point de chercher des solutions par elle-même si elles tiennent (le plus souvent c'est aussi un projet de couple et familial) à faire respecter leur choix.

Aujourd'hui il est urgent de retrouver :

  • « une diversité des pratiques (maternité, maisons de naissance, accouchement à domicile) pour répondre aux vrais demandes des femmes

  • des pratiques davantage respectueuses des parents, des nouveau-nés et plus généralement de la famille

  • un accès à une information transparente sur les établissements, pratiques et réseaux de soins. »

Retrouvez tous ces points détaillés dans les recommandations de bonnes pratiques en obstétrique et en pédiatrie du CIANE ( le Collectif Interassociatif Autour de la NaissancE) qui a émergé à l'occasion des États généraux de la naissance en juin 2003 et a organisé ceux de 2006.


Je cite ici un passage du site de la Semaine Mondiale pour l’Accouchement Respecté (SMAR) dont le thème 2007 est justement la naissance respectée :

« Alors que les pays du nord de l’Europe, qui affichent les meilleures statistiques périnatales, sont aussi ceux où existent de véritables maisons de naissance (plus d’une centaine en Allemagne) et où les sages-femmes peuvent accompagner sans difficulté les accouchements à domicile, la France entretient une attitude frileuse — le plus souvent hostile — face aux demandes d’une fraction croissante de la population. La Semaine mondiale sera l’occasion de réaffirmer publiquement que la reproduction humaine est en premier lieu un phénomène social. Le point de vue médical ne devrait pas s’imposer comme seul point de référence dans la mesure où plus de 80% des accouchements ne nécessitent aucune intervention. (Les effets iatrogènes des interventions inutiles — cf. les recommandations de l’OMS — devraient être prises en compte dans l’évaluation des risques.) La SMAR 2007 sera donc l’occasion d’un débat public sur les projets de maisons de naissance et la pratique de l’accouchement à domicile, qui ont déjà fait l’objet de nombreuses études prouvant leur bien-fondé et leur sécurité [...] »


Le visuel de cet article est un message trouvé dans une papillotte en chocolat à Noël


mardi 6 mars 2007

90 jours pour libérer Aung San Suu Kyi


J'ai envie de parler aujourd'hui de cette grande dame.

Depuis son arrestation en juillet 1989, Aung San Suu Kyi est assignée à résidence parce qu'elle se bat pour la liberté du peuple Birman qui subit deux dictatures successives depuis 1962.

Le gouvernement militaire lui a proposé la liberté à condition qu’elle quitte le pays, ce qu’elle a toujours refusé.

En 1990 la LND (Ligue Nationale pour la Démocratie ) dont elle est la présidente depuis 1988, gagne des élections organisées en Birmanie sous la pression populaire. Son score est de 80%. Mais la junte militaire annule le résultat.

En 1991, elle reçoit le prix nobel de la paix.

Libérée par courtes périodes depuis 17 ans, elle a eu l'occasion de partir à chaque fois pour rejoindre sa famille en angleterre, le pouvoir en place voulant se débarasser d'elle.

Elle est restée dans son pays avec beaucoup de courage pour que sa détention attire l'attention du monde sur la dictature birmane.

Aujourd'hui son téléphone est coupé et son courrier filtré, elle ne voit que la personne qui lui apporte à manger et un médecin, ses enfants vivent en Angleterre et son mari est mort loin d'elle.

En mai 2006, la junte militaire a refusé de la libérer promettant de le faire « dans un an ».

Le site internet www.asskforfreedom.org sert de plate-forme à l'opération 90 jours pour libérer Aung San Suu Kyi .

Un compte à rebours a commencé le 26 février et se terminera à la date promise de libération, le 27 mai 2007.

Une pétition ainsi que diverses autres actions symboliques sont ou seront sur leur site.

En tant que citoyens et citoyennes du monde, faisons en sorte qu'
Aung San Suu Kyi ne soit pas oubliée.